PARLONS PEU, PARLONS BIEN…

Depuis le mois de décembre la thématique dans l’air du temps est pour le moins redondante : après qu’on eut fourré la dinde à Noël, tiré reines et rois en janvier, nous allons, ce mois-ci, faire sauter Suzette avant de faire la fête à nos chères, plus ou moins en chair qu’elles montent en chaire ou non et qui nous coûtent souvent cher même dans le Cher, Valentines.
D’aucuns diront que cette abondance d’homonymes de « cher » est superfétatoire. À ces fâcheux je répondrai que cette gabegie de termes homophones et homographes aura l’avantage de leur faire ouvrir un dictionnaire.
Et cette année, impossible d’échapper au dîner romantique, car, je viens de le vérifier sur la page Sport de l’excellent Pattaya Journal que vous avez en mains puisque vous lisez cet édito (vous la sentez, la mise en abîme !), il n’y a aucun match intéressant à la télé.
Je me propose donc de vous donner quelques conseils judicieux pour faire d’une morne soirée en semaine, un feu d’artifice d’Amour avec plein de petits cœurs joufflus Cupidonesques, d’étoiles dans les yeux, et de moments de bonheur partagés (sauf pour l’addition dont le règlement vous incombera en totalité ).
Pour une Saint-Valentin réussie, prenez une épouse plus ou moins fraîche et y ajouter quelques fanfreluches pour l’accompagnement. Préférez à un gilet jaune, une casquette du PSG ou un maillot de l’OM même si le
« droit au but » peut être de circonstance, de la lingerie des maisons Aubade ou Simone Pérèle, selon la fraîcheur de l’épouse, achetée (la lingerie pas l’épouse, il faut suivre !) en soldes (jusqu’au 12 février si vous êtes en France). Si vous ne connaissez pas les mensurations de votre partenaire de vie ou s’il ne reste que du 32 ou du 54, car c’est la fin des soldes, optez pour des fleurs ou beaucoup mieux, des bijoux : vous serez très content quand elle arborera votre pierre fine à la main.
Réservez l’ensemble ainsi qu’une table dans un bon restaurant parisien pas trop loin de votre domicile (pour les gens de province qui me lisent, je vous en remercie, mais je ne peux rien faire pour vous).
Le plus important, pendant le repas, est de faire mijoter à mots très doux votre épouse et de l’arroser régulièrement et généreusement de vin, rouge de préférence, car le vin blanc donne des crampes ce qui pourrait être rédhibitoire pour le reste de la soirée et le vin rosé est à exclure en février par -2 °C.
Quand votre épouse à l’œil qui brille, la trogne rougeaude et qu’elle rit trop fort à vos blagues éculées qui récoltent habituellement un « pffff » agacé, c’est qu’elle est prête à être consommée.
Ramenez la vite à la maison (d’où le choix d’un restaurant à proximité) pour quelle reste chaude, puis… la morale judéo-chrétienne que mes parents m’ont inculquée depuis mon âge le plus tendre, m’interdit de mentionner ici toutes les cochonneries que votre esprit malade envisage de faire subir à votre moitié. Rien qu’à vous imaginer dans le déduit me soulève le cœur (et pas que).
Pour les gens de Pattaya et du reste de la Thaïlande, c’est « same same but different » comme on dit. Ne connaissant pas encore les us et coutumes locaux, je n’aurais pas l’outrecuidance de vous conseiller quoi que ce soit. Pour les couples homogènes, illégitimes, interlopes… ne changez rien, vous êtes magnifiques !
Et pour les célibataires : une bonne manucure et une crème non grasse feront parfaitement l’affaire.
Quant à ma Valentine qui me manque grave, si elle me lit… on se rattrapera. Nous fêterons la Saint-Valentin tous les jours à mon retour…



Frank Vassal