PARLONS PEU, PARLONS BIEN…

PARLONS PEU, PARLONS BIEN

Un édito un peu particulier ce mois-ci car notre Thaï-trotteur préféré tire sa révérence et s'en va gaminer d'autres territoires. Aussi, nous vous offrons sur 7 pages une rétrospective de tous les articles de Lionel Corchia parus dans le Pattaya Journal. C'est Noël avant l'heure chers lecteurs ! De plus, Sophie Fonfec est sortie, pour l'occasion, de son coma éthylique permanent et s'est fendue d'un joli texte que je vous laisse déguster...



Merci Lionel

Tu nous as fait bourlinguer à dos d’éléphant, en scooter, en bateau à moteur, en train à vapeur, en tuk-tuk, à bicyclette ou simplement à pied à travers la Thaïlande. Enjamber les rivières, traverser les rizières, de Chiangmai à Sukhotai, de Phuket à Sisaket, de Surin à Kalasin, de Krabi à Kanchanaburi, et là j’arrête les rimes bien qu’il y en ait encore quelques-unes... de Pattaya à Ayutthaya, de Bangkok à Phitsanulok… Vous en voulez encore ? Non. M’énervez pas ! Simplement te dire merci Lionel de nous avoir appris à apprécier, à aimer, à appréhender ce fantastique pays et sa culture. Que nous soyons touristes ou résidents, nous avons savouré ces bons moments sur des sujets aussi variés que les Seven Eleven, les tatoueurs, les backpackeurs, la gastronomie, la géographie, l’éducation, le bouddhisme, l’histoire, la royauté, la culture, les festivals, autant de sujets sociétaux plus intéressants les uns que les autres, je ne puis tous les citer ici tant ce fut riche d’informations. Pendant 5 ans, tu nous as régalés de tes récits passionnés. Tu nous as offert chaque mois un voyage didactique au pays du sourire grâce à ta parfaite connaissance du pays, à ton amour du pays. Tu nous as fait rêver, ce fut à chaque fois un plaisir renouvelé. Ce mois-ci sera donc le dernier. La vie t’oblige à jeter l’encre, je vais garder quelques feuilles de papier, je sais que tu reviendras les noircir pour nous éclairer de ta passion siamoise exacerbée.

Merci Lionel Corchia. À très bientôt …
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Sophie Fonfec

Épilogue

Je ne faisais que passer dans vos innombrables destinées, restituant des moments éternels, torturant des âmes écorchées, dansant d’un pas souvent incertain au milieu d’un désordre délivré de toutes entraves occidentales propres à nos civilisations si pragmatiques. Je me découvrais des ramifications existentielles insoupçonnées, traînant dans les venelles engorgées d’un Bangkok insondable aussi affable qu’insolent, écarté d’une Vie Parisienne éteinte où tant de solitudes se multipliaient dans d’agonisantes multitudes. La Thaïlande m’avait capturé, recouvert alors de son manteau de fragments d’étoiles dont se parent certaines sirènes adoubées par quelques Cabarets Transgenrés. Des premières foulées aussi déterminées que chancelantes, moins caressés par ses Full-Moon débridées et Roof-Tops insomniaques, que ses cités olympiennes disparues et sanctuaires ressuscités. Une course absolue côtoyant un Nirvâna consumériste, des Cours des Miracles irraisonnées, des Walking-Streets frénétiques et toute une Nation apaisée de Koh Yao Yai à Chiang Rai. J’ai fait miennes ces Thaïlande décomplexées dont je vous ai abreuvé à outrance, j’ai été amoureux mille fois, je suis tombé tout autant et vous ai livré cependant le meilleur de mes immortelles équipées. De Bonjour Pattaya à Pattaya Journal, de la Venise d’Orient à la Baie des Anges, votre Gavroche siamois est honoré d’avoir participé à cette aventure millénaire et féconde, enflammée autant qu’immersive, des Quartiers Rouges de Bangkok aux plages de Jomtien à Naklua, des sanctuaires occultes de Chachoengsao aux jungles impénétrables de Mae Sot. Cinq années attachées à cette Thaïlande singulière, à ces shoots d’adrénaline, ces sulfureuses ladyboys, ces routards inassouvis, ces nébuleuses spiritualités et clandestines échappées. Des centaines existences furent vécues en si peu de temps et tellement de travers, de si maigres répits et tant de défis à partager avec vous à l’ombre de ma plume. Mes clichés furent animés par d’insensées sagesses et chorégraphies libertaires, mes pellicules s’inspirèrent d’écumes de baroudeurs et Chemises Rouges déchues, mes chroniques s’immiscèrent dans les chimères de ribaudes et explosions initiatiques. La couronne semble perdre de son éclat et la Thaïlande de ses sourires, mais pourtant mon âme reste ancrée à ces dédales imprévisibles de parcelles d’Éden, à jamais prisonnier de ses arcanes, de mon quartier apprivoisé de Ratchada à mon Occitanie originelle. Merci Carole Bauduin, Philippe Plénacoste, Arnaud Dubus, Jean-Charles Salvin, Guy Terrenoire, Kitti Kornkosiyakarj et tous ceux perdus au cœur de ce maelstrom rédempteur que fut mon autre destinée siamoise, ma Divine Comédie, mon Portrait de Dorian Gray, mon Soleil Vert et mon Graal. Je n’oublie personne, des performers du Playhouse à Thorn Banjo, d’Elvis Jeerasak Presley à Jack Jarrett Sparrow, de Beautiful Boxer Janet à Mister Condom Mechai.

Merci amis lointains. « Nous nous reverrons un jour ou l’autre … »
Lionel Corchia


...Merci Lionel, sincèrement, au nom de tous les lecteurs du Pattaya Journal qui ont pu voyager, grâce à toi, dans tout le royaume sans quitter le zinc des bars de la Soi 6 !Et merci à Sophie pour son bel hommage et qui a réussi à l'instar de l'installateur Verisure (qui est le neveu du gendre de ma gardienne) à me mettre l'alarme à l’œil...j'ai eu peur au début en le lisant, j'ai cru que Lionel avait avalé son bulletin de naissance ! Voilà, tout est dit et bien dit. Il nous reste, la chienne Pépette, tout le staff et votre serviteur à vous souhaiter une bonne lecture, un bon mois de décembre, un joyeux Noël et de bons réveillons.













Frank Vassal